Showing posts with label romans. Show all posts
Showing posts with label romans. Show all posts

Sunday, September 11, 2016

Villette, Charlotte Brontë


Synopsis :

Lucy Snowe, 14 ans, a développé une profonde affection pour le jeune Graham Bretton, fils de sa marraine. Leur attachement est mutuel, mais le père de Graham vient bientôt récupérer son fils...
Peu de temps après leurs adieux, Lucy doit quitter la maison. Après quelques hésitations, elle est engagée comme aide par Miss Marchmont, une dame handicapée. À la mort de celle-ci, pleine d'attentes et d'espoirs, Lucy prend un navire pour le royaume de Labassecour et sa capitale, Villette, où elle est employée comme institutrice à l'internat pour jeunes filles de Mme Beck.

Mon Avis :

Point V.O: 
J'ai été un peu maso, je me suis lancée dans une lecture de presque 600 pages en anglais du XIXè siècle. Mais bon, j'ai survécu (ouf!). Cet ouvrage en version originale est clairement destiné à des lecteurs/lectrices confirmé.e.s. Il faut également tenir la longueur du pavé qu'il représente. Cependant une lecture en V.O reste très intéressante, puisque certaines expressions et certains dialogues sont en français, cela permet donc de bien comprendre les nuances de significations entre ces deux langues. C'est un peu du pain bénit pour les passionnés de langues quoi.

J'adore Charlotte Brontë, j'aime son style, sa façon de s'adresser au lecteur, l'univers qu'elle développe dans ses œuvres. Après Jane Eyre, j'avais très envie de lire le dernier roman de cette autrice, qui est considéré comme son ouvrage le plus abouti, le plus mature.
Ma lecture a été longue, le style étant très travaillé, mais elle en a valu tellement la peine. L'histoire se déguste comme un caramel.

Lucy est une protestante (sans doute calviniste comme Brontë) qui débarque dans un pays catholique, et ces différences seront bien visibles lors du récit. De nombreux mystères entourent sa vie au pensionnat de Mme Beck, ils ne seront résolus que petit à petit, tenant le lecteur en haleine pour presque 600 pages, bien qu'il y ait quelques longueurs (typiques de certains classiques). Ce qui m'a intrigué avec Lucy, c'est qu'elle ne semble pas être l'héroïne de son histoire : elle est effacée, apparaît comme une ombre dans le récit. Elle reste très mystérieuse, malgré un récit à la première personne.
Nous sommes bien dans un roman victorien, puisque les personnages féminins correspondent soit à une image de mère, soit une image de "belle", auxquelles Lucy ne correspond nullement. Elle apparaît ainsi comme un personnage à part, qui cherche l'émancipation et l'indépendance, ce qui est très novateur, merci Charlotte !
Les intrigues amoureuses sont surprenantes, quand je crois que telle chose va se résoudre, elle se résout en fait de façon totalement différente. C'est ce que j'aime beaucoup avec Brontë, on est toujours surpris, et jamais déçu.e de son voyage. De plus, comme dans le fabuleux Jane Eyre, on retrouve ici des épisodes fantastiques qui donnent une aura de mystique, d'incertitude propre au genre. Certains chapitre m'ont donné l'impression de me retrouver dans une nouvelle de Poe, c'est dire !

Pour ce qui est de mon impression générale, Villette est un roman qui est intransigeant avec ses personnages. Comme dans How I Met Your Mother, vous pouvez avoir deux fin: cela dépend de votre lecture ou non du dernier chapitre. Libre à chacun d'aimer ou pas le message véhiculé, autour de l'indépendance de Lucy, il n'en reste pas moins que ce roman est magistral, touchant, cruel même...

Prenez soin de vous, et n'oubliez pas de lire !

Wednesday, August 3, 2016

Ce qui nous lie, Samantha Bailly

Synopsis:

Alice a un don. Les liens entre les individus lui apparaissent sous forme de fils lumineux. Un phénomène inexplicable qu’elle a appris à dissimuler... et à utiliser pour démasquer les hommes infidèles et venger les femmes trompées. Mais au fond, Alice aspire à retrouver une vie «normale», celle du bureau, des collègues et des relations simples. Son nouveau job dans un cabinet de recrutement semble lui offrir tout cela, et plus encore.
Parmi les personnalités variées qui cohabitent dans l’open space, elle rencontre Raphaël, chasseur de têtes et de cœurs, un homme inaccessible qui ne la laisse pas indifférente. Le seul dont Alice n’arrive pas à percevoir les liens.




Mon Avis :

Samantha Bailly est une autrice au talent certain. Son écriture est fluide, captivante, à la fois limpide et percutante. J'ai aimé ses phrases courtes qui trouvent efficacement le chemin de mon cœur. L'histoire d'Alice a trouvé sa résonance dans la mienne, avec des fils de mystères qui s'entremêlent tout au long du récit. Les flashbacks ajoutent beaucoup au récit, font monter le suspens, tout en apportant petit à petit des clés pour mieux comprendre le présent.

Les personnages sont tous attachants, entourés de leurs petits mystères. On ne s'attend pas forcément à découvrir ces personnalités derrières les descriptions de départ, et j'ai découvert avec plaisir qu'on ne juge pas un livre à sa couverture...
 Il s'agit d'une romance, mais ce n'est jamais plan plan, jamais mièvre ou trop prévisible. Alice a été abîmée par la vie, elle s'est endurcie et traîne sa méfiance à travers sa nouvelle vie, naufragée au milieu de débris intérieurs. Suivre son évolution au fil du roman a fait battre mon cœur à la folie. J'avais l'impression d'être avec une amie qui m'ouvrait son journal intime, et j'avais envie de partager sa peine et ses joies.

J'ai trouvé la fin du récit parfaite. C'était tout ce qu'il me fallait pour être totalement transportée. Pendant tout le roman, j'étais persuadée d'avoir tout deviné, en formidable Herculette Poirette que je suis. Mal m'en a pris, je suis tombée sous le charme d'une fin étonnante, qui m'a fait l'effet d'un rayon de soleil final. 

Bref, j'ai été vraiment emballée par ce roman, qui m'a apporté fraîcheur et amour après être allée voir Conjuring 2, ça m'a fait beaucoup de bien.

Prenez soin de vous !

Bisous choupinous <3

Wednesday, October 28, 2015

Présentation PAL: Frenchy power

Hello hello !

C'est bientôt Halloween et comme vous l'avez deviné, cet article n'aura rien à voir avec Halloween. Et ouais, je suis trop anticonformiste moi !

Bref, ça faisait longtemps que je voulais vous présenter ma PAL, qui compte une quarantaine de bouquins, que je ne peux désespérément pas lire, puisque je fais encore des études (et j'ai hâte d'en être sortie, croyez moi..).
Je rêve d'un jour où je pourrai dévorer tous ces livres les uns après les autres, sans devoir me farcir la lecture obligatoire de je-ne-sais-quel bouquin théorique et rébarbatif.

En attendant, je me fais auto-baver en gardant mes précieux près de moi et j'en prends grand soin...

à gauche: petite boîte de thé venue de Londres

Je vous présente aujourd'hui mes petits livres qui sont en français, en version originale ou en versions traduites (oui je sais, pas bien, bouuuh).

De gauche à droite, mes préssssieeeux:

- Le songe d'une nuit d'été, Shakespeare; que j'ai pris pour sa belle édition, qui ne sont pas très courantes chez les français.

- Les fiancés de l'hiver, la passe-miroir, Christelle Dabos; je ne l'ai toujours pas lu, et il ne sera sans doute pas pour cette année, pourtant il me fait terriblement envie !

- Satan était un ange, Karine Giebel; celui là c'est mon défi pesonnel: lire un polar. Je trouve ça cool de sortir un peu de sa zone de confort.

- Les ailes d'émeraudes, Alexianne de Lys; parce que j'avais envie de découvrir une nouvelle auteure.

- Réparer les vivants, Maylis de Kerangal; c'est Marie de l'instant (f)utile qui en avait parlé, du coup bêêê j'ai suivi!

- Max, Sarah Cohen-Scali; que j'ai pris juste pour le titre ...

- Kinderzimmer, Valentine Goby; qui a fait partie du book club de juin, je l'ai eu pour rien à une brocante.

- Au revoir là haut, Pierre Lemaître; pour lire au moins une fois dans ma vie un prix Goncourt, et je l'ai eu pour rien à une brocante (again)

- Frankia, Jean-Luc Marcastel; deux ans qu'il est dans ma PàL, j'aime tellement Louis le Galoup que j'en ai peur d'être déçue...

- La cité des anciens tome 1, Robin Hobb; lui aussi est un ancien de la PàL, courage un jour je te lirai!

- Péchés céruléens, Laurell K. Hamilton; la douzième aventure d'Anita Blake, qui déterminera probablement pour moi si la série vaut la peine d'être continuée.

- Guinevère, Jean-Louis Fetjaine; parce que j'ai beaucoup aimé sa trilogie des elfes, j'ai hâte de voir ce qu'il fera du mythe arthurien.

- Le Bossu de Notre-Dame, Victor Hugo; toujours avoir un Hugo dans sa PAL, toujours !

- Les larmes de Tarzan, Katarina Mazetti; suite du Mec de la Tombe d'à Coté, qui a été un roman très touchant.

Ca en fait des petites lectures prometteuses qui m'attendent sagement. Mmmh.. Vivement une bonne lecture !

Bisous d'automne <3

Friday, August 21, 2015

Dites leur que je suis un homme/ A Lesson Before Dying

 Résumé:

Dans les années quarante, en Louisiane, Jefferson, un jeune Noir démuni et ignorant, est accusé d’un crime qu’il n’a pas commis : l’assassinat d’un Blanc. Au cours du procès, il est bafoué et traité comme un animal par son propre avocat commis d’office devant la cour et, pour finir, condamné à mort. La marraine du jeune homme décide alors que ce dernier doit, par une mort digne, démentir ces propos méprisants. Elle supplie l’instituteur, Grant Wiggins, de prendre en charge l’éducation de Jefferson. Le face à face entre les deux hommes, que seule unit la couleur de la peau, commence alors…


Après ma lecture de Green Mile, j'ai voulu rester un peu dans la lancée de ce genre d'histoire, avec ce livre qui m'a été offert à mon anniversaire. 
C'est un ouvrage assez court et simple à lire même en anglais, il est donc idéal quand on veut découvrir une histoire en peu de temps. 

Je suis une grande amatrice de fantasy et c'est vrai qu'il est peu commun pour moi de lire de la littérature "réaliste", mais j'ai quand même eu l'impression d'être plongée dans un univers qui m'était complètement inconnu. On se retrouve dans une communauté noire d'Amérique, à une époque où l'esclavage a pris d'autres formes et où la ségrégation se fait plus forte que jamais. Pour la première fois de ma vie, je me suis mise dans la peau d'un personnage noir (pourquoi y en a-t-il aussi peu ????). 

Grant Wiggins, le narrateur et personnage principal est un professeur désabusé qui enseigne tant bien que mal à des enfants conditionnés pour être à jamais les serviteurs des blancs. Il met le doigt sur l'humiliation permanente que sa communauté subit. Avec un regard extérieur, on se dit que c'est fou qu'à une époque on ait pu traiter ses semblables de la sorte. 

Si le livre n'apporte pas de retournement incroyable, il parle d'humanité, de fraternité et éclaire sur des choses qui sont toujours d'actualité. Le personnage de la marraine est touchant, Jefferson est déroutant, Grant est modeste mais inflexible.

A lire si La Ligne Verte vous a plu, et si vous souhaitez voir à travers d'autres yeux.

Bisous paillettes !

Tuesday, February 17, 2015

Le mec de la tombe d'à côté, Katarina Mazetti



Un petit livre de rien du tout qui tombe comme ça entre mes mains,
Viens se glisser dans mon sac comme ça, l'air de rien
Un petit livre de bonheur qui parle d'une bibliothécaire et d'un fermier
Dans un cimetière, qui partage le même banc, un deuil à terminer

Le temps d'un répit ils se rencontrent, deux personnes que tout oppose
Pourtant la magie opère, et c'est leur amour qui s'impose
Venez partager, d'un point de vue de l'un, au point de vue de l'autre
Une histoire qui naît de façon improbable, sur une ligne d'humour

Entre les vaches, les livres et les petits tracas du quotidien
Désirée et Benny se lancent dans la petite aventure de l'amour

N'hésitez pas à vous lancer, ce livre est super bien !

L'écriture est légère, amusante 
On aime les personnages comme leur relation
En espérant que le tome 2 soit aussi bon :)


Prenez soin de vous mes petits bouchons !

Friday, August 15, 2014

L'histoire de Pi/ Life of Pi, Yann Martel

Comment ai-je pu avoir envie de lire ce livre ?
Eh bien lecteur, sache que je suis une jeune fille influençable, et qu'il ne m'a fallu qu'un marque-page pour commencer cette lecture. Lors d'un voyage en Angleterre, je m'étais trouvé un marque-page super chouette intitulé "50 books to read before you die", et comme tu me vois venir, ce livre en faisait partie. 
La seconde raison qui m'a poussée à lire cet ouvrage est l'édition particulière que je me suis procurée: édité par Harrap's en version originale, ce livre explique en marge les mots et les expression difficiles. Trouvant le concept intéressant, j'ai voulu essayer pour voir si ce concept était vraiment une bonne idée. 



J'ai été très surprise par ce livre, dans le bon sens heureusement.
Autant l'avouer tout de suite: je ne voyais pas ce qu'il pouvait y avoir d'intéressant dans l'histoire d'un adolescent coincé sur un bateau de survie avec un tigre. J'étais très curieuse de voir ce que pouvaient raconter ces 381 pages.

Et je n'ai pas été déçue !
Je ne me suis pas ennuyée une seule seconde, aussi incroyable que cela puisse paraître en voyant le résumé, ce livre est passionnant. Il est divisé en trois partie, dont la partie centrale raconte donc la fameuse dérive sur le bateau de survie avec le tigre.
La première partie est très intéressante, elle apporte une réflexion sur la vie et sur les choses qui nous entourent qui est très intéressante. J'ai beaucoup, beaucoup aimé le fait que Pi (Piscine Molitor Patel de son nom complet... l'histoire de ce nom est fabuleuse) soit un fervent pratiquant de trois religions différentes: l'hindouisme, le christianisme et l'islam. C'est très intéressant de voir qu'il choisit d'aimer son Dieu à travers trois convictions différentes, qu'il les rassemble pour faire quelque chose à sa sauce dans laquelle il se sent bien, sans haine ni contradictions. Toutes les religions qui se tapent dessus devraient lire ce livre...
J'ai aimé la vie au zoo, les petites anecdotes sur le nom du tigre, sur les professeurs de Pi, sur le surnom qu'on lui a donné à l'école. Ça rend le récit très vivant et captivant.

On ne dirait pas comme ça, mais il lui arrive plein de choses sur ce bateau.
Les cent premières pages de la deuxième partie sont consacrées aux premiers jours, puis la temporalité se rétrécit pour ne livrer que les épisodes marquants du périple. Les rebondissements sont totalement inattendus, il y a deux ou trois épisodes dans ce livre qu'on ne voit pas du tout venir et qui donnent une dynamique incroyable au récit.
J'aime aussi beaucoup les touches d'humour ou d'ironie qui sont apportées, certains épisodes glauques ou difficiles passent mieux ainsi.  Pi est un personnage auquel on s'attache vite, d'abord parce qu'il a trois religions et que je trouve ça juste hors du commun, ensuite parce que nous lisons le récit d'un homme plus âgé qui parle de ce qu'il a vécu jeune. Pi a une distance critique intéressante par rapport à son histoire. Pour ce qui est du tigre, curieusement, je m'y suis attachée aussi, avec ses gestes et ses expressions quasi humains. La relation entre les deux êtres sur ce bateau est une cohabitation pacifique, avec un rapport de force dominant/dominé. Ce que je trouve intéressant, c'est que Pi précise bien que sans ce tigre, il serait sans doute mort sur ce bateau.

Globalement, je dirais que le message de ce livre est que l'être humain est quelque chose de formidable, un animal parmi tant d'autres qui ne vaut ni plus ni moins, et que la nature est bien faite. Du moins c'est ce que j'en ai retenu. Le message religieux ne mettra en colère ni les croyants, ni les athés. Il suffit d'avoir l'esprit ouvert et d'accepter que les opinions divergent et on découvre un vrai message de tolérance dans ce livre.


Pour ce qui est de cette édition particulière, je dirais qu'elle ne m'a pas été très utile.
Après, j'ai déjà une base de vocabulaire suffisante pour ne pas me sentir gênée quand je ne comprends pas un mot.
Quelques fois j'ai eu recours aux notes de la marges et j'aurais plusieurs remarques à faire sur le sujet:

- tout d'abord, il y a tellement de notes qu'on a parfois du mal à retrouver la note qui nous intéresse.
- ces traductions ne sont valables que pour le contexte du livre ou de la phrase dans laquelle se trouve le mot. Il est très probable que si vous apprenez un mot grâce à ce livre et que vous le retrouvez ailleurs, il n'ait pas le même sens.
- je trouve certaines traductions un peu limitées, mais elles peuvent être suffisantes pour des débutants

Sur ce, je vais aller voir l'adaptation ciné !


Thursday, July 17, 2014

1Q84, tome 1 Haruki Murakami

Depuis 2 ans que je l'avais dans ma PAL, j'ai enfin attaqué la fameuse trilogie 1Q84 d'un de mes auteurs préférés. Je n'avais eu que des bons retours sur ce livre, et puis c'est un auteur que j'affectionne beaucoup, donc je suis partie le cœur léger dans ce nouveau roman...



Alors, je ne sais pas si c'est moi qui ai changé, mais j'ai ressenti quelques longueurs, je me suis ennuyée à certains passages. Je sais que c'est le rythme habituel de Murakami, mais depuis Danse, danse, danse je crois que je commence à avoir du mal avec cette lenteur. Peut-être aussi parce que c'est une histoire divisée en trois livres, l'histoire prend tellement son temps qu'on aurait presque l'impression qu'il ne se passe rien.
Et concrètement, il ne se passe pas grand chose dans ce premier tome, ce qui pour moi est une déception. J'ai eu vraiment l'impression de lire une bande-annonce pour une histoire vachement sympas.

Parce qu'on sent que le récit est intéressant, qu'il y a des idées et de la créativité. Mais dans ce premier tome, ce n'est qu'une surface qui est vaguement effleurée. Et pour un livre de 550 pages (j'ai l'édition poche), c'est quand même assez frustrant ! Encore j'aurais eu un teaser de 300 pages je lui en aurait moins voulu, mais là, c'était trop long.



Cette longueur mise à part, j'ai plutôt bien accroché au récit et à ses intentions.
Le message autour de la femme est très important je trouve. Que ce soit à travers Aomamé, Fukaeri ou les récits féminins qui jalonnent ce livre, on sent une véritable implication dans l'exposition de ce qui peut arriver aux femmes encore de nos jours.
Pour les allergiques au féminisme, rassurez-vous, Murakami ne vous endoctrine pas (d'ailleurs je ne sais même pas si c'est son intention). Ce livre peut constituer une prise de conscience autour de la condition de la femme, et j'ai beaucoup apprécié.

Le monde réel légèrement tordu que représente l'année 1Q84 est très réussi, on sent qu'il y a quelque chose qui ne tourne pas rond. Avec le peu de choses qui se passent, on a quand même la puce à l'oreille: il va se passer quelque chose (mais en attendant on s'ennuie un peu les enfants !).

Pour ce qui est des personnages, j'ai beaucoup aimé Aomamé et Tengo, il n'y en a pas un que j'aimais plus que l'autre. C'était un plaisir de les retrouver à tour de rôle, pour cela, c'est vraiment bien joué!
Ce que j'aime toujours chez les personnages de Murakami, c'est que ce sont des sortes d'anti-héros capables de vivre des choses surréalistes. Ces deux personnages principaux sont tous les deux des écorchés de la vie, qui ont du se créer tous seuls mais qui ne baissent pas les bras et continuent d'aller plus loin. Je les admire vraiment, et c'est sans doute le seul argument de poids que je trouve pour lire la suite.

La perspective de devoir lire encore 1000 pages pour enfin savoir ce qu'il se trame derrière tout ça ne me réjouis pas beaucoup, on verra donc si je continuerai l'aventure 1Q84.

Thursday, July 3, 2014

Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, Jonas Jonasson

Je remercie au passage Emmaüs qui m'a permit de trouver ce petit bijou en parfait état pour 2 euros. La récup' c'est vraiment trop bien.
Après Misericordia, j'ai eu un peu envie de gaieté et de légèreté dans ce monde, et c'est donc tout naturellement que je me suis dirigée vers ce sympathique bouquin à la sympathique couverture.

Et je n'ai pas été déçue.


Pour moi, ce livre est absolument parfait en lecture d'été. Il comporte une bonne dose d'humour, d'originalité et d'inattendu. C'est vrai que c'est un peu compliqué de parler de l'histoire sans en faire de spoiler, puisque tous les éléments sont liés entre eux (même si on ne dirait pas au premier abord !).
Allan Karlsson est un petit vieux qui vient d'avoir 100 ans et qui s'enfuit de sa maison de retraite. L'histoire commence ainsi, et chaque chapitre débute avec la date. 
Entre les chapitres qui racontent l'histoire "présente" soit celle de 2005, sont placés des passages au sujet du passé d'Allan.

C'est une histoire très prenante, on se demande toujours ce qui va arriver à ce vieux suédois. Je trouve qu'il y a même un suspens qui s'installe au fur et à mesure. Même dans les passages au sujet de son passé, on a beau savoir qu'il ne va pas mourir quand il est menacé, on se demande toujours comment il va bien pouvoir réussir à se sortir de tout ça ! C'est un personnage très attachant, que je trouve très malin et surprenant. Il a un sens pratique et une logique qui sont simples mais imparables.

Je ne me suis pas ennuyé une seule seconde, j'ai adoré les personnages et la version des grands faits du 20e siècle qui est donnée. C'est tellement absurde qu'on accepterait presque ce qui est raconté ! 
L'idée que ce soit cet homme qui a influé et bouleversé de grandes choses de l'Histoire me plaît énormément. 

Je ne pense pas pouvoir en dire beaucoup plus sans révéler des éléments de l'histoire, mais si vous avez un livre à lire cet été, prenez celui-ci, vous ne le regretterez pas ! 

Si vous n'avez pas trop le temps ou une PAL d'été déjà bien remplie, regardez le film !


Je trouve que la bande annonce en révèle beaucoup déjà !

Si vous voulez une critique convaincante, positive et sans spoiler :


Sunday, June 29, 2014

Misericordia, Jack Wolf

Avant de commencer cette revue, il faut que je fasse le point sur le titre.
Pourquoi, mais pourquoi a-t-on modifié le titre original de ce livre ?
Pourquoi ce très cher George-Michel Sarotte a-t-il estimé pertinent de passer du titre original Raw Head and Bloody Bones à Misericordia ?? POURQUOI ? 
Le titre original est sublime est tout à fait pertinent dans le cadre de l'histoire, alors que le thème de la miséricorde n'apparaît qu'à la fin du livre, juste histoire de faire coucou. George-Michel, j'attends des explications, merci bien.

Pour commencer, le résumé de l'éditeur:


Foisonnant, bourré d'aventures et de rebondissements, un roman hors normes qui mêle philosophie des Lumières, leçons d'anatomie à la bougie et amours maudites. Portée par une écriture flamboyante, une oeuvre d'une richesse exceptionnelle. 

Tristan Hart a vingt ans quand il quitte sa campagne du Berkshire pour rejoindre Londres et les enseignements du légendaire Dr William Hunter. 
Étudiant surdoué, depuis toujours obsédé par la relation entre le corps et l'âme, son ambition de chirurgien est de soulager la souffrance. 
Mais dans le secret de son cabinet d'études, il est une chose que Tristan n'ose s'avouer : le plaisir extrême qu'il prend à infliger la douleur. 

C'est alors qu'apparaît dans sa vie la belle Katherine Montague...



Pour commencer, si vous souhaitez lire ce livre, ne lisez pas les citations qui en ont été tirées sur la quatrième de couverture, puisqu'elles constituent des éléments clés de l'histoire. J'ai donc trouvé que la maison d'édition  (Belfond) avait fait la quelque chose de très idiot, en plus de trahir le titre original.

La grande particularité de ce livre, que je n'avais croisé nulle part ailleurs, c'est la volonté de l'auteur d'employer les majuscules à chaque mot jugé important dans la phrase, comme au 18e siècle apparemment. Je ne savais pas qu'on faisait cela à l'époque, mais ça rend la lecture de ce livre particulière. Au début ça m'a même gênée, puisqu'on a l'habitude d'accentuer les mots en majuscule dans une phrase. Là j'ai eu un peu l'impression que chacun des mots était hurlé dans ma tête. Une fois qu'on prend un peu plus le pli, on comprend mieux pourquoi tel ou tel mot a été accentué plutôt qu'un autre. Mais ça reste quelque chose de subtil à saisir.

Pour ce qui est de l'histoire en elle-même, située dans le siècle des Lumières, on suit la réflexion philosophique et éthique de Tristan, étudiant en chirurgie. J'ai trouvé cela très intéressant, les débats , les thèses et les interprétations différentes du monde. On sent vraiment la recherche et le soin que l'auteur à apporté à toute cette réflexion. Pour ma part, je n'ai pas trouvé les propos abordé très choquants (j'ai lu plusieurs revues qui disaient que ce livre avait défrayé les chroniques). Je pense qu'on peut se sentir choqué si on est absolument persuadé que la religion est la chose la plus importante de la vie et que Dieu existe. Mais après, si on pense cela ça n'empêche pas la lecture de ce livre. Il faut avoir l'esprit ouvert mes amis.


J'ai beaucoup aimé le personnage principal, qui, loin d'être un stéréotype de héros, montre ses faiblesses. Tristan Hart, de part son physique va souffrir de l'antisémitisme, et c'est quelque chose qui m'a vraiment frappée. Je n'avais jamais croisé cette haine de l'autre ailleurs que dans les livres sur la Seconde Guerre Mondiale. Ici, elle est totalement intégrée et acceptée dans la société, et ça, ça m'a choquée.
J'ai aimé le couple hors du commun qu'il forme avec Katherine, on a rarement l'occasion de croiser des histoires d'amour qui sortent des sentiers battus, et c'est franchement rafraîchissant. 
Globalement j'ai eu beaucoup d'affection pour les personnages: Tristan, Nathaniel, Katherine, Viviane, Erasmus.... Personne n'est totalement gentil ou méchant, et c'est toujours ce que je préfère. 

Je trouve que l'histoire prend bien le temps de s'ancrer dans son monde, ce qui peut donner l'impression que ça traîne en longueur au départ. Finalement le rythme est bien justifié dans l'histoire. 
Ce qui m'a le plus plu je pense, c'est l'hésitation permanente entre rêve et réalité, et le parti-pris de la fin m'a convaincue. 
J'ai aimé le conte de Raw Head and Bloody Bones, qui est essentiel à l'histoire (n'est-ce pas les messieurs de Belfond !!) et qui apporte tout un souffle magique à une ambiance réaliste du siècle des Lumières. 


Par contre, je vais mettre un bémol sur le dénouement final, puisque pour ma part j'avais deviné très tôt dans le livre l'identité de Raw Head. Ce qui est dommage, puisque la "révélation" ne m'a pas beaucoup touchée du coup. Deuxième élément qui m'a un peu gênée : si le but du roman était de brouiller la frontière entre réalité et imaginaire, je pense qu'il aurait été plus pertinent d'utiliser un point de vue interne à la troisième personne, plutôt que le première personne. Ce point de vue ci incite toujours le lecteur à croire le personnage qu'il suit, et donc finalement on ne remet jamais en cause ce qu'il voit au moment où ça se passe. 
Ces deux points mis à part, je trouve que pour un premier roman, Jack Wolf nous offre quelque chose de très intéressant.

Globalement je vous conseille ce livre, même s'il ne comporte pas autant de magie que je l'aurais souhaité !

Saturday, June 21, 2014

L'écume des jours, Boris Vian

J'ai mis un peu de temps à écrire cette revue, parce que je ne savais pas vraiment par où commencer avec ce livre. J'avais eu envie de lire ce livre au moment où il a été adapté au cinéma, et même si je n'ai volontairement pas vu le film, l'envie était restée dans un coin de ma tête.

A l'occasion des vacances, j'ai énormément de temps à consacrer à la lecture, et j'ai adopté un rythme de un livre lu par semaine, ce qui est beaucoup comparé à ce que j'ai pu faire ces dernières années.

J'ai lu ce livre en deux ou trois fois, un peu comme Nos Etoiles Contraires.
C'est un livre court, donc facilement accessible pour ceux qui n'ont pas trop de "temps à perdre dans la lecture" (la blague).


Tout le monde connaît ce livre, cette histoire d'amour "magnifique" entre Colin et Chloé, dans un monde futuriste parallèle au nôtre mais en même temps très proche de ce que nous connaissons.
Je n'avais jamais lu un livre de Vian avant, et j'ai donc été assez déroutée au commencement de ma lecture. J'ai eu quelques difficultés pour réussir à imaginer certaines choses, comme le piano-cocktail, mais mon amour pour les mondes réalistes et tordus a pris le dessus.

J'aime énormément l'univers proposé par Vian, et je comprends tout à fait pourquoi ce livre a eu tant de succès. Il y a une sorte d'équilibre étrange entre le merveilleux et le glauque, c'est très très déroutant. Mais, n'étant pas une fan de Poe pour rien, j'ai complètement accroché à ce côté dérangeant de l'histoire.


Ce que j'ai moins compris, c'est l'engouement du public autour du couple Colin/Chloé.
Je me demande si c'est juste à cause de mon caractère et de ma vision de ces choses, mais je ne les ai pas trouvé crédibles pour un sou. Ne me jetez par des pierres, je ne dis pas que c'est mal écrit, je trouve juste que leur amour sonne faux. Un peu comme toute l'histoire, ce qui en fait un élément tout à fait justifié dans cet univers. Mais ça a soulevé le problème de l'attachement aux personnages que j'ai tout considéré comme des êtres de papiers dans ce livre. Ça m'arrive très rarement de ne pas me sentir concernée par les personnages, leur histoire et leur personnalité. Là, ç'a été le cas.
 J'ai détesté Chloé, sans doute parce qu'elle est infantile, faible, capricieuse et superficielle (ce qui colle encore une fois très bien avec le monde de ce livre).
J'ai trouvé que ce pauvre Colin n'était qu'un benêt de plus qui se fait complètement avoir, mais il m'a plu. Il m'a touchée dans sa naïveté, qui elle n'est pas du tout agaçante, allez savoir pourquoi...

J'ai eu envie de filer des claques à Chick.
J'ai eu envie de jeter Alice dans les bras de Colin.
Mais mon personnage favori reste Nicolas, loin devant les autres. C'est le cuisinier de Colin, à la fois domestique et ami, qui incarne à lui seul le glissement de l'univers de Colin du bonheur vers une profonde tristesse. 

Parlons-en de ce glissement.
Bon je n'invente rien de nouveau, tout le monde avait remarqué je pense que si le livre débute dans une sorte de conte de fée moderne, il s'enfonce doucement dans un cauchemar. J'ai trouvé ça très ingénieux, très bien vu. L'ambiance change si imperceptiblement qu'on réalise à peine la différence énorme entre le début et la fin. Ce qui était drôle devient cynique, ce qui était réconfortant devient oppressant, ce dont on est sur devient tout d'un coup incertain.

En résumé...

J'ai beaucoup aimé l'univers de l'Ecume des Jours, j'ai moins aimé les personnages.
Du coup, pour moi, ce livre n'est pas spécialement un incontournable, à voir peut-être si je le relis.
On sent que c'est un livre qui a besoin de temps pour se faire apprécier. Mon avis n'est donc pas définitif, et je ne sais toujours pas quoi en penser. Ce qui est peut-être le but de Vian après tout...

Saturday, April 19, 2014

Ces livres que j'aime déjà

Il y a des livres sur lesquels on se jette dès qu'on les voit en librairie, qu'on dévore et qu'on aime passionnément, d'un amour inconditionnel comme il n'en existe qu'avec les romans...

Il y a des livres qu'on achète parce qu'il faut bien, parce qu'on les étudie et qu'il faut les lire pour ne pas passer pour une littéraire en carton. Souvent, on traîne la patte pour s'y mettre, on a déjà hâte qu'ils soient terminés, et parfois, on tombe amoureux...

Il y a des livres inattendus, qu'on ne se voyait pas lire, glissés au hasard par un ami qui nous connaît, qui nous apportent une bouffée d'air...

Et il y a ces livres qui font battre mon petit coeur, et rien qu'à l'idée de les croiser dans une librairie, mon sang ne fait qu'un tour, j'ai envie de les dévore, et de passer ma vie à bouquiner.
Il exercent une sorte de fascination sur moi, je ne peux pas m'empêcher d'y penser, j'en dors mal la nuit.


Bref, je tombe amoureuse de certains livres, sans même les avoir lus.
Oui, il y en a plusieurs en même temps, je suis si passionnée que j'en deviens infidèle.
Oui, je suis la Don Juan des bouquins.
Oui, je raconte n'importe quoi.

Tout ça pourquoi ?

Pour vous parler de ces futures passions qui traînent dans un coin de mon cerveau, pour qu'on en parle un peu, parce que échanger c'est important.


- Nos étoiles contraires/ The fault in our stars, John Green

image d'un site de fan

Un livre qui fait beaucoup de bruit, dont tout le monde parle sans vraiment oser en parler, puisqu'on le dit aussi dur que beau. Clairement, je sais que je vais pleurer toutes les larmes de mon corps avec ce livre, mais il fera sans doute partie de cette catégorie de livres particulière que j'appelle: "les livres pansements". Ce sont des livres avec un sujet un peu difficile, mais qui sont beaux, et qui guérissent des soucis qu'on peut avoir dans sa propre vie.

Dans cette catégorie, L'élégance du hérisson de Muriel Barbery m'avait énormément touchée.

 
- L'assassin Royal, Robin Hobb


La série de fantasy la plus connue et la plus en vogue. J'ai trouvé les deux premiers tomes d'occasion, et depuis ils me regardent du haut de ma bibliothèque, en attendant impatiemment de se faire dévorer par la fan de fantasy que je suis. J'ai tellement hâte !

Dans la même veine, je ne peux donc que vous conseiller la lecture du Trône de Fer, qui, au-delà d'être une bonne série télévisée, constitue une lecture passionnante. George R.R. Martin a une écriture très travaillée, des références à la pelle (Shakespeare tout ça...) et une histoire addictive.

- The Silmarillion, J.R.R Tolkien

cette édition me fait rêver

C'est l’œuvre de Tolkien qui m'intrigue le plus. J'ai totalement perdu tout intérêt pour la lecture du Seigneur des Anneaux, que je trouve un peu laborieuse (peut-être parce que j'ai lu les premiers tomes il y a moult années), mais ce livre représente ce à quoi Tolkien tenait le plus, et je m'imagine donc qu'il ne peut être que formidable. 


- Dune, Frank Herbert


 Ce livre a atterri dans ma bibliothèque par un formidable cheminement dans mon petit cerveau. Abonnée à la chaîne Youtube du Fossoyeur de Films, qui est juste excellente, j'adore regarder ses vidéos en boucle, histoire de me faire une culture cinématographique.
Et sa "madeleine" à lui, c'est le film Dune de David Lynch, inspiré du livre de Frank Herbert.
Pas spécialement fan de science-fiction, je m'étais simplement dirigée vers le film, puisque ma curiosité avait quand même été piquée.
Et bien sûr... J'ai adoré les film ! Je ne m'en remet toujours pas, et le Fossoyeur a raison: la musique est vraiment très bonne. Du coup, en bonne bibliophage, je n'ai pas résisté longtemps pour me procurer le livre.



- L'écume des jours, Boris Vian


Ce livre m'a interpellée quand il est sorti en salle dernièrement. Bien sûr je n'ai pas vu l'adaptation, parce qu'on a beau dire, les adaptations me font peur. Et comme je ne veux pas me gâcher la découverte de ce livre, je fuis soigneusement les résumés et autres critiques, pour avoir mon moment à moi, pour découvrir ce qui me semble être un livre fait pour moi.
Mais chuuuut, no spoiler please ;)

Ces livres j'en rêve, j'en attends beaucoup, et je suis certaine qu'on va bien s'entendre !


Et vous, avez-vous des livres qui vous plaisent déjà, alors que vous ne les avez même pas encore ouverts ?

A bientôt !

Tuesday, March 25, 2014

Danse, danse, danse: comment préparer une salade

 Cette revue est une version plus complète de celle que vous avez pu peut-être croiser sur Babelio.

Ce livre a laissé un sentiment très mitigé dans mon petit coeur de lectrice, puisque ce n'est pas mon premier Murakami. Et comme avec un conjoint qu'on aime depuis longtemps, j'étais en confiance totale, j'ai pris un titre de cet auteur au hasard, sûre que je passerais un bon moment. Quelle ne fût pas mon erreur ! Si j'avais su, j'aurais reposé direct le livre sur l'étagère de la librairie. Franchement, moi, je dis non, non et re-non.

Haruki, t'as merdé sur ce coup là.


J'aime toujours autant l'écriture de Murakami, il a vraiment l'art de rendre le réel fantastique, c'est toujours aussi fascinant que dérangeant. Ce style est particulier, on le reconnait entre mille. C'est comme un pull qu'on aime et qu'on est heureux de retrouver après un été un peu long.

J'ai beaucoup apprécié les réflexions intérieures du personnage principal, un homme sans nom et sans visage auquel on peut s'identifier facilement. Par contre, parfois j'ai été un peu gênée par cet anonymat bizarre, mais j'imagine que c'est pour faciliter l'immersion, pour se sentir proche de lui.

Le personnage de Yuki aussi m'a beaucoup touchée, c'est une jeune ado complètement déphasée avec la réalité des personnes de son âge, je trouve que c'est elle qui perd le plus le pied avec la réalité. Elle est blasée, fragile et intelligente. Son espèce de pouvoir empathique la rend aussi étrange que rassurante d'ailleurs.

Passons maintenant aux choses qui fâchent...

Globalement ce n'est pas un mauvais livre, mais je lui trouve des défauts beaucoup trop gros à mon goût pour que je laisse passer ça.
Il faut noter que j'ai déjà lu Murakami, que je suis familière avec le style et les gimmicks de cet auteur.
Pour info j'ai lu: Kafka sur le rivage, Au Sud de la frontière à l'Ouest du soleil, et La Ballade de l'Impossible, tous avant de lire celui-ci.


Je me suis sentie un peu perdue en lisant ce livre, sans doute parce qu'il fait partie d'un ensemble de plusieurs livres, ce qui n'était pas noté sur mon édition (une édition collector).
 Je ne savais pas que je m'embarquais en plein dans une histoire qui avait commencé ailleurs, ce qui est sans doute ce qui m'a manqué pour saisir le récit.
Il n'empêche que s'il y avait eu besoin de lire La course au Mouton Sauvage (ou quelque chose comme ça) avant de lire ce livre, je trouve qu'il aurait été sympas de le signaler.
La politesse.

On va s'embarquer tout de suite dans ces énooormes problèmes auxquels j'ai été confrontée tout au long de ma lecture, qui m'ont gênée, et qui m'ont sortie du livre.


L'action est très très lente: ce qui ne me gênais pourtant pas dans ses autres livres me saute à la figure comme une suite d'évènements inutiles entrecoupés ça et là d'évènements qui font avancer le schmilblik.
Je me suis franchement ennuyée, j'ai eu envie de sauter des pages, de refermer le livre en plein milieu d'une phrase. Le héros se prépare une salade, certes, mais c'est la quinzième fois qu'on nous dit qu'il se prépare une salade.

S'il y a un message subliminal pseudo-artistique caché sous la salade du héros, je ne l'ai pas trouvé.

Haruki, tu aurais pu être plus clair.
Car, oui, tout cela est un véritable schmilblik, je n'ai pas toujours compris où l'auteur voulait en venir, pourtant j'ai ouvert mes chakras, mais tout m'a paru assez obscur.
Il doit y avoir une réflexion métaphysique sous-jacente je pense, mais la sauce n'a pas pris avec moi (la sauce de la salade). 
J'ai juste eu la sensation que le livre savait quelque chose qu'il refusait de me dire. En fait, j'ai eu la sensation d'être méprisée par ce bouquin, ce que j'ai mal pris.

Oui, je suis susceptible.

Ce qui fait que je me suis presque à chaque page, retrouvée propulsée hors du livre.
Impossible pour moi de me sentir concernée par les problèmes des personnages tant ils semblaient loin de moi. Les milliers de scènes du quotidien insipide du héros renforcent constamment ce sentiment.
Il paie ses factures, il rédige des articles, on lui téléphone, il glandouille, il réfléchit sur le sens de la vie, il glandouille, il se morfond, il glan-douille !!!

la scène au commissariat: ma définition de l'enfer littéraire

Alors ce doit être une intention de l'auteur que de confronter à ce point un quotidien écoeurant et aliénant d'une société de consommation à un univers parallèle qu'on toucherait du doigt sans le savoir, mais ça n'a pas marché pour moi.
Peut-être parce que ce genre de sujet ne m'intéresse pas plus que ça, vu que j'ai moi-même ce genre de réflexions et de situations tous les jours. Peut-être que la vie du japonais moyen sera plus intéressante pour quelqu'un qui n'a pas de vie semblable: un acteur célèbre, un alien, un zombie, ou un écureuil pourraient être rafraîchis par cette vie incroyablement plate.
La mort de certains personnages, et même leur vie n'apporte rien, et on ne saura jamais ce qui leur est arrivé. C'est assez effrayant d'ailleurs, et ça pose la fameuse question: pourquoi la vie ? Ça doit être une réflexion sur la sa futilité...

En bref, je n'ai pas aimé ce livre qui ne manque sans doute pas d'enjeux, mais qui ne cherche pas spécialement à inviter son lecteur dans cet univers. Ce qui est un gros problème quand même !

Mais comme Murakami c'est quand même un auteur super chouette, je vous propose tout de même un de ses livres : La Ballade de l'Impossible (Norwegian Wood), qui m'a énormément marquée. L'histoire est belle et poétique, un peu surréelle, et teintée de chansons des Beatles.
Le genre de livre qu'on aime lire au printemps.


A bientôt !

Saturday, April 6, 2013

Les déferlantes : Claudie Gallay



Le second livre que j'ai lu pendant ces dernières vacances de Noël, c'est un best-seller de Claudie Gallay, que j'avais prêté à la moitié de la ville avant de le lire, et que le monde entier m'a conseillé.
Deux ans après son achat, je me suis enfin lancée dans cette lecture, si prometteuse...

La couverture :

Au premier abord, on voit la photo d'un phare confronté à une immense vague. On s'attend donc déjà à une histoire en rapport avec la mer... et avec un phare. De ce côté là, pas vraiment d'ambiguïté.

Quatrième de couverture :

"C'est à la Hague - un bout du monde à la pointe du Cotentin - que la narratrice est venue se réfugier. Elle arpente les landes, observe les oiseaux migrateurs... et Lambert, homme mystérieux et tourmenté aperçu un jour de tempête, et qui n'a cessé depuis lors d'éveiller sa curiosité." Pour être sincère avec vous, la quatrième de couverture ne m'a absolument pas donné envie, mais bon, comme on dit, on ne juge pas un livre d'après sa couverture.

L'histoire en général :

 C'est le genre de livre qu'on pense banal.
Je me suis dit que ce serait un livre comme les autres, puisque j'ai plein de préjugés au sujet des bouquins récents qui ont été primés. Je me méfie toujours du marketing.
Cela dit, dans l'ensemble, j'ai trouvé ce livre agréablement surprenant. Un peu dans la lignée de Mme Bovary, qui est clairement un livre où il ne se passe rien mais qui est génial, ici on a un village où il ne se passe rien, mais dont l'histoire est géniale.
C'est assez bluffant comme effet.
Tout le long du livre, j'ai eu l'impression qu'il ne se passait rien, que les jours se contentaient de se suivre, ponctués de visites entre amis, et de questions apparemment anodines. Ce qui fait la force de ce livre, c'est qu'on voit les pièces du puzzle s'assembler une à une, et qu'on se délecte de découvrir ces personnages bourrés de secrets.

Les personnages :

Pour moi, ce sont eux qui font vraiment la différence de ce livre.
Je vais commencer par le "tu", ce personnage masculin sans nom et sans visage auquel pense souvent le personnage principal. C'est à travers lui que le mystère de la vie passée de l'héroïne se dévoilera juste ce qu'il faut pour susciter l'émotion.
Ensuite vient la protagoniste principale, un femme sans nom elle aussi, qui a déménagé à la Hague récemment pour y observer les oiseaux. Je l'ai ressentie à la fois très banale, et vraiment d'une sensibilité extraordinaire. A travers son regard, on perçoit des petits détails insignifiants qui font la vie là-bas.
Lambert n'est pas en reste non plus pour sa part de mystère. Mais je suis comme les autres habitants du village, je ne comprends pas pourquoi elle s'éprend de lui. Cependant, c'est lui qui va être la source du mystère, et pour ça il est bien sympas !
Je vais parler de façon générale des gens du village car il y en a beaucoup. Pour moi, ils ne sont pas juste des personnages secondaires, ils ont chacun leur histoire. Ce que j'aime beaucoup, c'est qu'ils ne servent pas juste à "meubler" l'histoire. Le réalisme autour de leur vie, pêcheur, barwoman, retraité, artiste, est juste parfait. On se croirait vraiment à la place de l'héroïne, on voit ces gens à travers son regard.

Le style :

Bien sûr, ce n'est que mon avis, mais je trouve que l'auteur arrive à rendre une histoire sans trop d'action, complètement addictive et saisissante.
Pour moi, l'invocation régulière du fameux "tu", c'est vraiment le truc qui fait la différence. Ce petit détail de rien du tout a fait que je me suis sentie devenir l'héroïne. D'ailleurs en parlant d'"héroïne", cette femme est tout ce qu'il y a d'anti-héros en apparence, mais le fait qu'on ait accès à son point de vue fait qu'on la comprend, et elle devient grande et courageuse.
Globalement, le rythme des phrases et des chapitres (qui sont plutôt courts), les petits rebondissement, font que ce livre est facile à lire, il se lit vite, et on meurt d'envie de savoir la suite !

En bref...

Vous l'aurez compris, ce livre m'a vraiment emballée, il m'a fascinée jusqu'au bout.
Je trouve d'ailleurs le dénouement tout à fait approprié.
Les personnages sont touchants de vérité, l'ambiance de bord de mer enveloppe l'histoire de mystère, et les personnages principaux sont juste parfaitement imparfaits. C'est vraiment le genre de livre que je conseillerais à tout le monde, les yeux fermés.

J'espère que vous lisez plein de livres en ce moment, à bientôt ;)

Livraddict

Bannière Livraddict