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Friday, July 29, 2016

Guinevere, Jean-Louis Fetjaine

Synopsis:

Lorsque Arthur épouse Guinevere de Carmelide, le royaume de Camelot semble retrouver un peu de l'éclat ancien, du temps de l'alliance entre les elfes et les hommes. Merlin met cependant le roi en garde : la beauté et l'apparente fragilité de la jeune reine cachent une nature bien plus effrayante, dont son nom véritable, Gwenwyffar, "Blanc Fantôme" est le sombre présage. Alors que des armées de monstres, qu'on croyait vaincues à jamais, se répandent de nouveau sur les terres des hommes, Camelot s'enfonce peu à peu dans la guerre, les complots et les trahisons. Entre la Dame Blanche et le mage d'Arthur, un combat s'engage pour la survie du royaume.



Mon Avis :

Pfff... Ce livre a été bof de bout en bout. Ni vraiment mauvais, ni excellent, je ne me suis tout simplement pas sentie touchée par ce roman. Je m'attendais à une petite friandise de réécriture du mythe arthurien, arrosée d'elfes et d'autres créatures magiques (d'ailleurs chez Livraddict ils ont bu un coup de trop quand ils l'ont catégorisé "fantastique"... c'est même écrit sur la couverture que c'est de la fantasy !).

Bref, il s'agit ici d'une suite de la trilogie des elfes, que j'avais lu il y a de cela presque dix ans (et oui je vieilli ha ha !). J'avais adoré ces livres, et je n'ai malheureusement par retrouvé la magie qui m'avait accrochée par le passé. On sent que l'auteur est spécialisé dans le Moyen-âge, ce qui permet d'en apprendre un peu plus sur les coutumes, les costumes, les mœurs de l'époque. C'est sans doute ce que je retiens de plus positif. La plume est également agréable à lire, et colle très bien à l'univers médiéval. Mais, je n'ai pas réussi à me sentir impliquée par le récit ou les personnages une seule fois en 400 pages. Franchement, la lecture a été un peu laborieuse sur la fin.

 Je pense que mon gros souci a été la vision sexiste des femmes. C'est peut-être dû au Moyen-âge, mais certains éléments me font penser qu'il ne s'agit pas seulement de cela. Fetjaine aurait pu développer des personnages féminins bienveillants, ou neutres, mais il ne l'a pas fait. Celles qui tiennent le devant de la scènes sont toutes des femmes manipulatrices, avides de pouvoirs, froides et calculatrices. Les autres, sont  effacées, inutiles, des pots de fleurs. C'est affligeant. Guinevere elle-même est décrite majoritairement par les personnages masculins, et son point de vue ne fait que confirmer les soupçons de ces messieurs. Formidable n'est-ce pas ? De même, elle n'a aucune profondeur de caractère, la où les amitiés et enjeux personnels des chevaliers sont longuement développés, provoquant l'attachement du lecteur. Pour les femmes, point d'empathie. Je n'exagère même pas, puisque même les deux pots de fleur présents ne sont pas développés. De plus, si un viol est clairement décrit comme tel dans le récit, un deuxième, plus insidieux semble passer comme une lettre à la poste. Je profite donc de ma chronique pour rappeler que toucher sexuellement une personne dans son sommeil, c'est ne pas avoir obtenu son consentement préalable, quelle que soit la relation entre les deux personnes. Ça verse clairement dans la culture du viol une scène pareille.

Je ne dis pas que les personnages féminins auraient dû être toutes gentilles, mais que si on avait voulu être honnête, il aurait fallu leur donner vraiment la parole, au même titre que les hommes, leur donner un caractère, un vécu. Bref, ça m'a dérangée. Ce n'est pas parce qu'on traite de Moyen-âge qu'on doit traiter les personnages féminins comme des bouses.

Pour terminer, le twist de fin n'est pas prévisible. Non, c'est vrai qu'on ne le voit pas venir. Mais ça tombe tellement comme un cheveu sur la soupe, à peine expliqué en trois phrases que tout l'effet de révélation en est avorté. C'est dommage, parce que l'idée était intéressante. 

Bisous elfiques !

Tuesday, June 21, 2016

CaméLouPon, Filip


Synopsis :

Un canaréveil colvert syndiqué, qui fait don de plumes de son arrière-train pour piéger des poissons… tout en maitrisant mieux que quiconque l’usage du téléphone portable…
Une maman loup qui se bat pour ses trois petits, nés au cœur de l’hiver québécois…
Un couple de hérons au grand cœur, comme autant de professeurs de pêche…
Un circaète, rapace blanc majestueux, à l’œil aiguisé et à l’amitié sans faille…
Une sorcière eskimindienne aux pouvoirs mystérieux, qui règne silencieusement sur la forêt boréale…
Un pilote d’avion qui échappe par miracle, (en est-ce un ?), à la mort… en larguant des caisses de salades et de champagne…
Une maitresse d’école, aussi vieille que myope, des amis, des ennemis…
Et au milieu de tout ça, un petit loup vert, végétarien de surcroit, qui lutte sans relâche pour trouver sa place dans le monde souvent cruel de la forêt du lac Nakvik…Une étrange et belle histoire d’amitiés, de tolérance et d’entraide…
Une incroyable aventure au bout du monde… en vert et contre tous !


Mon Avis : 

Au premier coup d’œil, je me disais que ce livre avait tout pour me plaire, et que forcément, j'allais passer un bon moment.
J'ai été globalement déçue. Le ton de l'auteur s'annonçait humoristique, il s'est avéré plat. L'intrigue promettait mille rebondissements, elle est restée fade. La cerise sur le gâteau a été la vision que l'auteur propose du végétarisme. Mon dieu, mais si je n'avais pas emprunté ce livre, je l'aurais cramé rien que pour ça ! Le végétarisme est ici réduit à une question de goût, le loup vert trouve que la viande c'est pas bon, et dis donc dis donc, le saumon c'est délicieux !! Sérieusement, en 2016, il y a encore des gens qui pensent qu'être végétarien, c'est manger du cadavre ??? Encore ??? Si l'auteur avait voulu être juste, il aurait parlé d'un loup piscivore.
Bref, j'étais pas contente.
Pour continuer sur ma lancée : les gentilles sont des femmes, les méchants sont des hommes, les femmes pleurent, les hommes grondent. Mon Dieu quoi !

"Qu'importe après tout qu'il soit végétarien, du moment qu'il n'oblige pas les autres à l'être !" Ces mots prononcés par la caricature du général de Gaulle, a fini de m'énerver et de me plonger dans une colère noire. C'est quoi le message au juste ?? "Oh là là, il est différent, mais c'est bien que les autres continuent à faire bêtement ce qu'on exige d'eux" ? Sérieusement ?

Attention gros spoiler : le petit loup vert n'apprend pas à accepter sa couleur verte, non non non !! Il fait en sorte de changer son apparence. Ici encore, quel est le message à donner aux plus jeunes ? Coucou, il faut affronter mille dangers pour changer le plus possible et essayer de se conformer à la norme, quitte à frôler la mort.

Ainsi, les deux choses qui faisaient toute l'originalité du personnage principal ont été désamorcées, simplement pour en faire un loup lambda. Mieux (ou pire plutôt...) ; il reçoit une belle promotion sociale une fois qu'il a changé tout ce qu'il était.

Bref, un gros, gros non pour moi.

Faut pas déconner non plus hein.

Bisous végétariens (qui ne mange ni viande ni poisson M. Marchegay). 

Tuesday, January 5, 2016

Les Tops et Flops de 2015

Je ne coupe pas à la tradition en ce premier article de 2016, et vous souhaite une merveilleuse année, qu'elle vous apporte joie, réussite et santé !

Pour la première fois, je vous propose ici un top 3 et un flop 3 de mes lectures de 2015. Je ne lis pas énormément pour le plaisir, études littéraires puis préparation de concours oblige, donc le tri a été simple à faire. Je précise qu'il n'y a pas de classification particulière, les livres sont simplement cités dans le désordre.


Le FLOP 3
On commence avec ces livres qui m'ont déçue, qui ne m'ont pas transportée, qui m'ont laissée sur ma faim, bref, que je ne recommande pas particulièrement.

Frankia tome 1, Jean-Luc Marcastel
Je pense que c'est celui qui m'a le plus déçue. Peut être que j'avais mis la barre trop haute pour cet auteur que j'aime bien, qui vient de chez moi et dont j'ai envie de soutenir le travail. Je ne pense pas que la SF/fantasy réussisse à l'univers visuel et à la plume de cet auteur. Les clichés et les ficelles du récit visibles sont bien trop nombreux pour la grande fan de fantasy que je suis.

Poison, Sarah Pinborough
Ce livre avait de bons aspects, comme Lilith. Mais il y avait bien trop de ficelles scénaristiques énormes, des personnages agaçants et un style trop simpliste (je me demande toujours si c'est la faute de la traduction d'ailleurs). Je pense clairement ne pas faire partie du public visé; ce genre littéraire  me réussit de moins en moins... Je ne pense pas m'attarder sur la suite d'ailleurs.

Tim Burton; Entretient avec Mark Salisbury
On apprend plein de choses sur Burton, son histoire, ses déboires de tournages... Mais la seule chose que j'ai appréciée tout au long du livre, ce sont les dessins. Ce n'est que pour ça que le livre m'a plu. Il est répétitif, on s'ennuie vite, en plus c'est un livre assez lourd et long à lire, donc non. Si vous êtes fans, vous pouvez le garder juste pour les images.



Le TOP 3
Voici les livres qui m'ont ravie, transportée, qui m'ont marquée et probablement changé ma vie.

Frankenstein, Mary Shelley
Je ne m'attendais pas à aimer à ce point ce livre, bien qu'il ait déjà des avantages pour lui; XIXe siècle, philosophie et questions éthiques sont là. Pour ne rien gâcher, les descriptions sont à couper le souffle, je suis tombée amoureuse de la Suisse et des Alpes. Certains passages ont une ambiance horrifique bien menée, d'autres sont d'un romantisme formidable. Ce livre regroupe tout ce que j'aime, et j'ai même eu la chance de le lire en VO.

Wild, Cheryl Strayed
Ce livre est une petite perle pour moi. Je n'avais jamais lu de road-trip avant, et je n'en lirai sans doute pas souvent, mais c'est la chronique qu'en a fait Margaud Liseuse qui m'a motivée à le lire. Je l'ai littéralement adoré, chaque chapitre a eu une résonance particulière en moi. Je pense que ce n'est pas un hasard, puisque ce livre a beaucoup similitudes avec mon expérience. J'ai eu même plusieurs fois l'impression de lire ma propre histoire. Je l'aime si fort !

La Ligne Verte, Stephen King
Je n'avais lu que sa nouvelle The monkey avant ce livre. L'écriture de King est vraiment addictive, prenante, impossible de lâcher le bouquin des yeux, c'est dingue. Le récit est poignant, horrible et cruel, il réveille la fascination mais aussi la compassion, et comporte un vrai message sur la peine de mort. Il réveille également des questionnements éthiques et philosophiques sur la vie, la morale, la justice. A vous procurer immédiatement !

Voilà, c'était mon petit TOP/FLOP de 2015, en espérant qu'il vous aura plu. J'espère lire plus l'année prochaine afin d'avoir plus de choix dans ma prochaine sélection. N'hésitez pas à aller voir les chroniques de ces livres pour en savoir plus surtout, elles ont été rédigées à chaud et vous permettront d'avoir une nuance supplémentaire.

Prenez soin de vous, et bisous bisouuus !!


Tuesday, December 22, 2015

Frankia, tome 1, Jean-Luc Marcastel


Synopsis:

1940, Seconde Guerre Mondiale. Dans une France décalée où la magie se mêle à la technologie, les tracteurs à vapeur sont actionnés par des élémentaires de feu, les arachnopanzers et mécanovouivres déchaînent leur fureur mécanique, les protocoles technomanciens altèrent la réalité, les orcs, colonisés et exploités, se sont battus aux côtés des Frankiens pendant la première guerre mondiale et les elfes sont persécutés et exploités par les Teutoniens et leur maître, le Technarkonte Von Drakho.
C'est dans ce contexte que Loïren, un jeune Frankien élevé par un orc, en zone libre, va recueillir une jeune femme elfe poursuivie par la milice, et se retrouver au cœur du conflit qui embrase Europa. Derrière l'Histoire, celle des États et des Nations, ici ou ailleurs, se cachent le combat, la haine et l'amour des hommes et des femmes emportés dans la tourmente, qu'ils soient réels ou imaginaires.

Mon Avis mes petits loulous;

Bon, je vais être sincère d'entrée: je n'ai pas aimé ce livre. Je suis très fâchée après Jean Luc Marcastel, dont j'ai adoré la saga Louis Le Galoup.

J'aime beaucoup sa plume, qu'on ne retrouve vraiment, mais alors, vraiment nulle part ailleurs. Pour vous donner une idée, on dirait un conteur au coin du feu. Et ça marchait très bien pour Louis Le Galoup. Ça marche aussi bien avec Frankia, mais comme les évènements sont situés plus près de nous dans la ligne historique, on sent un petit décalage. Mais bon, en commençant ce livre, ça m'a fait plaisir de retrouver cette plume.

Marcastel a eu de très bonnes idées pour son livre; les antagonistes, la magie ont été imaginés d'une manière originale, j'ai bien aimé. Et pour finir avec les points positifs, je dirais que ouf, il n'y a que deux tomes.

Allez, maintenant on attaque le côté rigolo, on va se poiler, je vous reprend, rien que pour vous, les éléments qui m'ont franchement fâchée avec ce livre. Tout d'abord: c'est d'un CLICHE. 

Oh mon dieu quoi, mais c'est pas possible, pour un livre publié en 2013 de retrouver toutes les tares des œuvres de fantasy qui ne marchent pas. J'ai eu l'impression de lire Eragon le film! L'auteur s'empare de l'univers de World of Warcraft, du Seigneur des Anneaux ainsi que du mythe du héros (coucou Star Wars!!), mélange le tout et place joyeusement l'action dans les Cévennes et à Clermont-Ferrand (qui est comme nous le savons tous, la ville la plus cool de la terre!).
Les orcs sont verts et bourrins, les nains barbus et bourrins, les elfes sont liés aux plantes et les humains puent du bec. Bon soit, je pense que je lis trop de fantasy pour me laisser surprendre par des ficelles aussi grosses. Même le récit est prévisible comme pas possible; je vous jure que vous aurez résolu le mystère avant d'arriver au milieu du livre. Du coup on s'ennuie ensuite pour 300 pages... Ce qui est long.
Oh et puis... La pauvre petite elfe est une femme fragile et sans défense qui est craintive, délicate, forcément sans défaut, sexy, et bien sûre c'est une princesse. Ensuite Loïren est un héros beau, blanc, fort, courageux, entreprenant, casse-cou, tête de mule (mais c'est pas grave on lui pardonne c'est un garçon) et j'en passe... Morkhaï est un orc bourrin (je vous avais pas dis que les orcs étaient bourrins?) au grand cœur, qui sans doute parce que c'est un orc, a droit à beaucoup moins de développement (alors que lui aussi est là tout le long du livre!), ce qui fait qu'à plusieurs reprises, j'ai eu l'impression qu'il était là pour faire joli (quota ethnique toussa...).
Je n'en peux plus de ce sexisme à deux euros: toutes les femmes sont décrites dans leur splendeur virginale, leur délicatesse et leurs courbes (on a d'ailleurs l'impression en lisant leurs descriptions, d'être un vieux pervers malsain), et tous les hommes froncent des sourcils, sont braves et intrépides, bagarreurs et possessifs envers leurs Fâmes. Merde quoi, Jean-Luc tu nous fais quoi là ??? Tes antagonistes sont méchants parce qu'ils sont méchants, et voilà, il en faut à l'histoire donc bon. On n'en sait pas plus, leur développement est réduit à néant (et puis des noms comme Von Drakho et Noiron quoi... sérieux???).

Ce livre pourrait être réduit de moitié: le récit prend beaucoup trop de temps pour le peu d'étapes franchies, l'équilibre dans la narration n'est pas bon, on ne sent que peu de noyaux narratologiques. Le récit peut nous perdre facilement et la typographie des dialogues est mal pensée.

Juste, c'est pas possible, je n'en peux plus. Je ne pense pas lire à nouveau du Marcastel, le divorce est consommé, après Le Dernier Hiver que je n'avais pas pu lire parce que c'était un ramassis de clichés, Frankia est un peu meilleur, mais non non et non. Lisez Louis Le Galoup, au moins on y trouve des personnages attachants, qu'ils soient bons ou mauvais.

Saturday, April 26, 2014

La première leçon du sorcier, Terry Goodkind


L'épée de vérité représente une des sagas qui a le plus de succès dans le monde de la fantasy aujourd'hui. Partout à la Fnac on peut voir devant le présentoir la petite mention "best seller" fièrement brandie. Cela faisait un moment que j'avais donc repéré cette saga, et j'ai franchi le pas poussée par un ami qui est un fan absolu.

Alors je ne sais pas trop si je dois donner mon avis tout de suite.

Je vais donner mon avis global, puis développer mon opinion.

De façon générale, je n'ai pas aimé ce livre. 
Je le trouve trop "facile" en fait.

Là je vais développer mon opinion.


Une série a même été adaptée du premier livre !

La jeune femme qui tombe du ciel

Par une journée normale, un homme normal se balade dans la forêt, quand tout à coup une belle jeune femme apparaît au détour d'un buisson.
Bien sûr, elle est en détresse, poursuivie par des méchants, et l'homme normal décide tout naturellement de tout faire pour protéger cette belle inconnue.
Belle inconnue dont il tombe irrémédiablement amoureux au premier coup d’œil, bien sûr.
Tout cela est très cliché, et j'ai bien conscience que ce genre de schéma peut se retrouver dans beaucoup de bons livres. Mais j'ai trouvé qu'ici, c'était un peu gros.

Le méchant qui s'appelle Darken

Bon, je ne vais pas vous mentir, j'ai explosé de rire quand au détour d'un chapitre, l'un des protagonistes a annoncé que la menace qu'ils auraient à combattre pour les 600 prochaines pages s'appellait... Darken. Vraiment ? Je dois développer là ? Un méchant qui, pour montrer qu'il est méchant, s'appelle Dark(obscurité)en.
MAIS il n'a pas les cheveux et les yeux noirs, c'est déjà ça.

illustration de Keith Parkinson

Le héros-normal-qui-en-fait-est-le-seul-à-pouvoir-sauver-le-monde

Richard Cypher, c'est un bon gars, bien que je ne trouve absolument pas crédible en tant que héros. Du moins pendant la plus grande partie du récit. Honnêtement, je me suis demandé comment il arrivait à échapper à toutes les emmerdes qu'il a pu avoir dans le livre.
On explique vaguement qu'il a reçu une formation par son ami Zedd au début du livre principalement en botanique, géologie, pistage, premiers soins, philosophie de la vie, tout ça... Richard est un garde-forestier, et pas un putain de gardien de la frontière comme un personnage secondaire qui est badass (Chase) ! D'où son maniement de l'épée et son art au combat lui vient ? Nous ne le saurons jamais mes amis.
Il est gentil Richard, mais il ne réfléchit pas trop et se fait souvent avoir, c'est comme ça qu'il commence son initiation. Pour moi, il n'est crédible qu'après avoir opéré un vrai travail sur lui-même, comme dans les derniers chapitres.

Les retournements de situation prévisibles 

Vous savez, ces trucs qu'on voit arriver tellement gros que ça casse complètement l'immersion dans un livre ? Bah voilà, il y en a plein. Pour ne citer que quelques pistes sans spoiler, les rôles de Zedd et Kahlan et leur importance se devinent aisément plusieurs pages avant la grande révélation. Ce qui fait qu'au moment où ils annoncent à quel point eux aussi ils sont badass, on avait déjà compris qu'ils étaient essentiels à la quête de Richard. On sent venir à des kilomètres ce qui va se passer avec le frère de Richard, et ce qui s'est passé avec son père. Je ne suis pas Hercule Poirot, donc je ne pense pas que le problème vienne de moi.



Des dangers qui font pas peur

Les quatuors, les garns, les chiens à coeur, les soldats, la magie, la frontière, le monde des morts, les sous-fifres, Darken Rahl (sérieusement ??)...
Richard et sa clique rencontrent tellement d'ennemis, qui s'évanouissent si vite après avoir été battus, qu'à force, je n'arrivais plus à craindre pour la "vie" de mes personnages. Les péripéties s'enchaînent pratiquement à chaque chapitre.
Il y a très peu de moments où les personnages s'assoient tranquillement autour d'un feu pour développer leurs personnalités. Ce qui fait d'ailleurs que la "psychologie" des personnages est effleurée et passe au second plan, derrière les combats.
Ils s'en sortent toujours, parce qu'il était écrit dans une prophétie que Richard allait résoudre tous les problèmes. Du coup, j'ai eu l'impression que quoi qu'il arrivait, Richard s'en sortirait.

L'amour maudit

C'est un cliché que j'ai de plus en plus de mal à supporter.
On SAIT que la belle va finir avec le héros.
On SAIT que même si elle a tous les soucis du monde, de toute façon lui il est badass, donc il va se la faire quand même.
Et là, ça m'a d'autant plus irritée, que je n'ai pas réussi à éprouver la moindre empathie pour Kahlan avant qu'elle explique enfin les tenants et aboutissants de son pouvoir à Richard. Avant cette révélation, je suis désolée, mais je ne peux pas comprendre pourquoi elle souffre tant de ne pouvoir faire un bisou à son dulciné. L'explication arrive bien trop tard, et j'ai eu le temps de m'énerver sur des scènes d'amour impossible que je ne comprenais pas, tout comme Richard.
Du coup, l'amour "maudit" qu'ils éprouvent l'un pour l'autre ne m'a absolument pas touchée.

Tout cela est renforcé par cet autre cliché de "l'amour au premier regard" que je trouve stupide. Je ne trouve pas crédible qu'on décide tout d'un coup de donner sa vie pour un/une inconnu(e), même si on l'aime de tout son cœur. Ça pourrait marcher dans la vraie vie, mais parce qu'on se connaît. Un gars qu'on connaît depuis trois pages qui se dévoue à une femme rencontrée deux pages plus loin, ça ne me donne pas envie de me sentir impliquée dans ses sentiments.

Le style

Alors, je l'ai lu en français, parce que oui, j'aime aussi lire des livres en français entre deux classiques anglais que je lis pour les cours. Sur mon livre, on peut voir que c'est Jean-Claude Mallé qui a traduit. Je ne sais donc pas si c'est Terry ou Jean-Claude (mais sans doute Terry quand même, les traducteurs ne sont pas des babouins quand même !) le responsable de ce style, mais c'est triste.
Sans détour je compare facilement aux écritures simplistes des romans pour ados qui prennent les ados pour des idiots. 
"Le regard de la femme, moins intense, desserra son emprise sur lui. Dans ses prunelles, il lut une chose qui l'attirait plus que tout. L'intelligence ! Oui, l'intelligence brûlait dans ses yeux et dans tout son corps, glorieuse figure de proue de son intégrité. Pour la première fois de la matinée, Richard se sentit en sécurité." 
Je ne sais pas si c'est moi, parce que j'ai pris l'habitude de styles plus alambiqués, mais je trouve ça un peu à ras des pâquerettes.
Mais ça reste à l'appréciation de chacun je pense.


Et sinon il y avait des trucs super aussi !

Je n'ai pas non plus jeté ce livre par la fenêtre parce que je dois quand même reconnaître qu'il y a des idées, des passages et des personnages qui sont bons, que j'aime énormément. Mais ce ne sont pas les personnages principaux qui vous l'aurez compris, m'ont laissée de marbre.

- Darken Rahl: malgré un rôle plutôt mineur, j'ai aimé sa façon de pratiquer la magie. Darken éventre des enfants pour le plaisir des petits et des grands.

- Les endroits étriqués, qui reviennent plusieurs fois dans le récit: ils confèrent une véritable angoisse, et là, je me suis inquiétée pour ce brave Richard.

-  Denna: la Mord Sith justifie à elle seule la lecture de ce premier tome. C'est un personnage complexe, aussi dangereuse que fragile, à la fois victime et bourreau. C'est elle qui provoque une véritable évolution dans la personnalité de Richard. 
Pour moi, c'est elle qui en fait un héros, un gars qui va vraiment pouvoir sauver le monde. Denna, c'est LE personnage de ce tome, et je le pense vraiment. J'ai trouvé les Mord Sith fascinantes, attachantes, leur univers et leurs doctrines sont nouveaux pour moi. Je n'avais jamais vu ça ailleurs. Et j'aime.

- Le fait qu'il y ait un monde sans magie, et un monde qui connaît la magie.

- La Princesse Violette, personnage de pure méchanceté, jouissive comme un Joffrey Baratheon.


En gros, voilà ce que j'ai pensé de ce livre. Il ne me laissera donc pas de marque indélébiles, il m'a posé des problèmes d'implication personnelle et de crédibilité des personnages. 
Quand j'ai dit ça à mon ami, il m'a affirmé que ça irait beaucoup mieux dès le deuxième tome. Donc bon, peut-être qu'un jour je lirais la suite. 
Allez savoir...


A bientôt !

Tuesday, March 25, 2014

Danse, danse, danse: comment préparer une salade

 Cette revue est une version plus complète de celle que vous avez pu peut-être croiser sur Babelio.

Ce livre a laissé un sentiment très mitigé dans mon petit coeur de lectrice, puisque ce n'est pas mon premier Murakami. Et comme avec un conjoint qu'on aime depuis longtemps, j'étais en confiance totale, j'ai pris un titre de cet auteur au hasard, sûre que je passerais un bon moment. Quelle ne fût pas mon erreur ! Si j'avais su, j'aurais reposé direct le livre sur l'étagère de la librairie. Franchement, moi, je dis non, non et re-non.

Haruki, t'as merdé sur ce coup là.


J'aime toujours autant l'écriture de Murakami, il a vraiment l'art de rendre le réel fantastique, c'est toujours aussi fascinant que dérangeant. Ce style est particulier, on le reconnait entre mille. C'est comme un pull qu'on aime et qu'on est heureux de retrouver après un été un peu long.

J'ai beaucoup apprécié les réflexions intérieures du personnage principal, un homme sans nom et sans visage auquel on peut s'identifier facilement. Par contre, parfois j'ai été un peu gênée par cet anonymat bizarre, mais j'imagine que c'est pour faciliter l'immersion, pour se sentir proche de lui.

Le personnage de Yuki aussi m'a beaucoup touchée, c'est une jeune ado complètement déphasée avec la réalité des personnes de son âge, je trouve que c'est elle qui perd le plus le pied avec la réalité. Elle est blasée, fragile et intelligente. Son espèce de pouvoir empathique la rend aussi étrange que rassurante d'ailleurs.

Passons maintenant aux choses qui fâchent...

Globalement ce n'est pas un mauvais livre, mais je lui trouve des défauts beaucoup trop gros à mon goût pour que je laisse passer ça.
Il faut noter que j'ai déjà lu Murakami, que je suis familière avec le style et les gimmicks de cet auteur.
Pour info j'ai lu: Kafka sur le rivage, Au Sud de la frontière à l'Ouest du soleil, et La Ballade de l'Impossible, tous avant de lire celui-ci.


Je me suis sentie un peu perdue en lisant ce livre, sans doute parce qu'il fait partie d'un ensemble de plusieurs livres, ce qui n'était pas noté sur mon édition (une édition collector).
 Je ne savais pas que je m'embarquais en plein dans une histoire qui avait commencé ailleurs, ce qui est sans doute ce qui m'a manqué pour saisir le récit.
Il n'empêche que s'il y avait eu besoin de lire La course au Mouton Sauvage (ou quelque chose comme ça) avant de lire ce livre, je trouve qu'il aurait été sympas de le signaler.
La politesse.

On va s'embarquer tout de suite dans ces énooormes problèmes auxquels j'ai été confrontée tout au long de ma lecture, qui m'ont gênée, et qui m'ont sortie du livre.


L'action est très très lente: ce qui ne me gênais pourtant pas dans ses autres livres me saute à la figure comme une suite d'évènements inutiles entrecoupés ça et là d'évènements qui font avancer le schmilblik.
Je me suis franchement ennuyée, j'ai eu envie de sauter des pages, de refermer le livre en plein milieu d'une phrase. Le héros se prépare une salade, certes, mais c'est la quinzième fois qu'on nous dit qu'il se prépare une salade.

S'il y a un message subliminal pseudo-artistique caché sous la salade du héros, je ne l'ai pas trouvé.

Haruki, tu aurais pu être plus clair.
Car, oui, tout cela est un véritable schmilblik, je n'ai pas toujours compris où l'auteur voulait en venir, pourtant j'ai ouvert mes chakras, mais tout m'a paru assez obscur.
Il doit y avoir une réflexion métaphysique sous-jacente je pense, mais la sauce n'a pas pris avec moi (la sauce de la salade). 
J'ai juste eu la sensation que le livre savait quelque chose qu'il refusait de me dire. En fait, j'ai eu la sensation d'être méprisée par ce bouquin, ce que j'ai mal pris.

Oui, je suis susceptible.

Ce qui fait que je me suis presque à chaque page, retrouvée propulsée hors du livre.
Impossible pour moi de me sentir concernée par les problèmes des personnages tant ils semblaient loin de moi. Les milliers de scènes du quotidien insipide du héros renforcent constamment ce sentiment.
Il paie ses factures, il rédige des articles, on lui téléphone, il glandouille, il réfléchit sur le sens de la vie, il glandouille, il se morfond, il glan-douille !!!

la scène au commissariat: ma définition de l'enfer littéraire

Alors ce doit être une intention de l'auteur que de confronter à ce point un quotidien écoeurant et aliénant d'une société de consommation à un univers parallèle qu'on toucherait du doigt sans le savoir, mais ça n'a pas marché pour moi.
Peut-être parce que ce genre de sujet ne m'intéresse pas plus que ça, vu que j'ai moi-même ce genre de réflexions et de situations tous les jours. Peut-être que la vie du japonais moyen sera plus intéressante pour quelqu'un qui n'a pas de vie semblable: un acteur célèbre, un alien, un zombie, ou un écureuil pourraient être rafraîchis par cette vie incroyablement plate.
La mort de certains personnages, et même leur vie n'apporte rien, et on ne saura jamais ce qui leur est arrivé. C'est assez effrayant d'ailleurs, et ça pose la fameuse question: pourquoi la vie ? Ça doit être une réflexion sur la sa futilité...

En bref, je n'ai pas aimé ce livre qui ne manque sans doute pas d'enjeux, mais qui ne cherche pas spécialement à inviter son lecteur dans cet univers. Ce qui est un gros problème quand même !

Mais comme Murakami c'est quand même un auteur super chouette, je vous propose tout de même un de ses livres : La Ballade de l'Impossible (Norwegian Wood), qui m'a énormément marquée. L'histoire est belle et poétique, un peu surréelle, et teintée de chansons des Beatles.
Le genre de livre qu'on aime lire au printemps.


A bientôt !

Livraddict

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